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Le chant des pierres et de l'eau — Une traversée musicale au cœur des Alpes
Au-dessus de Crans-Montana, le vallon de la Tièche dévoile un paysage sauvage et spectaculaire. Cascades, torrents, pâturages et imposantes parois rocheuses composent un territoire dominé par les sommets de la Couronne impériale.
Après une quarantaine de minutes de marche le long du bisse de Tsittoret, le public découvre ce lieu préservé, où prend vie un Soundwalk géologique imaginé par Le Chant des Lieux en collaboration avec Thierry Basset.
Au fil du parcours, le géologue révèle une histoire fascinante : celle des anciennes mers qui ont donné naissance aux roches alpines, de l'eau qui sculpte inlassablement les montagnes et des populations qui se sont longtemps disputé cette ressource précieuse.
La musique, composée et interprétée en direct par Didier Métrailler et Émilie Vuissoz, prolonge cette narration dans une dramaturgie sonore en quatre tableaux.
1. Ouverture — La beauté du vallon
À l'arrivée des spectateurs dans le vallon, les résonances du hang s'élèvent dans le paysage, bientôt rejointes par la voix improvisée d'Émilie Vuissoz.
Cette ouverture contemplative évoque la beauté du lieu, la présence des montagnes et l'immensité du paysage alpin.
Le récit de Thierry Basset nous transporte ensuite des millions d'années en arrière, lorsque cette région était recouverte par une mer chaude. Ammonites, bélemnites et organismes marins ont contribué à former les roches calcaires qui constituent aujourd'hui les montagnes environnantes.
2. Tes yeux — Le chant de l'eau
La deuxième composition explore un univers aquatique et organique.
L'eau et les calebasses deviennent des instruments de musique, créant des pulsations et des textures sur lesquelles Émilie Vuissoz développe une improvisation vocale.
Le récit révèle le rôle essentiel de l'eau dans la transformation du paysage : elle creuse les torrents, fracture les roches par le gel et dissout les calcaires, ouvrant parfois de véritables galeries souterraines.
Thierry Basset dévoile notamment une particularité étonnante : une partie de l'eau de la Tièche provient du glacier de la Plaine Morte, situé côté bernois, avant de traverser la montagne pour ressurgir en Valais.
3. Le chant des pierres — La mémoire minérale
Le troisième tableau fait place à une écriture plus rythmique et tellurique.
Les pierres entrechoquées deviennent de véritables percussions, accompagnées d'un chant rythmé d'onomatopées et de jeux vocaux inspirés notamment des techniques traditionnelles de chant de gorge inuit.
La matière minérale impose ses pulsations, tandis que les voix explorent des sonorités brutes et expressives.
Ces rythmes font écho à la puissance de l'érosion et aux mouvements incessants de la montagne. Ils prolongent également la réflexion du géologue sur les relations entre les êtres humains et leur environnement naturel.
4. Au cœur des monts — Chant final
La création s’achève avec Au cœur des monts, une chanson composée et écrite par Émilie Vuissoz, sur des arrangements musicaux de Didier Métrailler.
Après les explorations vocales, aquatiques et minérales, cette dernière pièce retrouve une écriture plus mélodique et contemplative, célébrant les paysages alpins et le lien intime entre l'être humain et la montagne.
Le récit scientifique rejoint ici l'histoire des habitants de la région. Depuis le Moyen Âge, l'eau de la Tièche constitue une ressource vitale, dont le partage a provoqué de violents conflits entre les communautés de Sierre, Salquenen et Varone.
En 1490, un jugement de l'évêque de Sion met fin à cette longue querelle en organisant le partage des eaux de la Raspille. Une histoire qui résonne aujourd'hui avec les défis contemporains liés au changement climatique et à la gestion des ressources en eau.
Les compositions sont élaborées conjointement par Didier Métrailler et Émilie Vuissoz.
Du hang aux pierres, de l'eau aux calebasses, chaque matière sonore participe à une écriture musicale étroitement liée au paysage. Les compositions structurées conservent une place essentielle à l'improvisation et à la liberté d'interprétation.
La musique précède les récits de Thierry Basset, ouvrant des espaces sensibles avant que les explications scientifiques ne révèlent les histoires invisibles du territoire.
Équipés de casques audio sans fil, les spectateurs découvrent cette création interprétée en direct, dans une écoute intime qui préserve l'environnement acoustique naturel.
Présenté en septembre 2019, Le Vallon de la Tièche invite à découvrir une montagne façonnée par l'eau, où les pierres conservent la mémoire des mers anciennes et où le paysage raconte également l'histoire des hommes qui l'habitent.
Création : septembre 2019
Lieu : Vallon de la Tièche, au-dessus de Crans-Montana, Valais, Suisse
Format : Soundwalk géologique, création musicale et sonore immersive en milieu naturel
Parcours : Environ 40 minutes de marche d'approche
Dispositif : Narration scientifique et musique interprétées en direct, diffusées par casques audio sans fil
Équipe artistique et scientifique
Création et production artistiques : Le Chant des Lieux
Conception et narration géologiques : Thierry Basset / GéOL
Avec le soutien de : Parc naturel Pfyn-Finges
Crédits photographiques : Patrick Chapuisat

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